En'corps

Ce que cache mon langage,
mon corps le dit.
Mon corps est un enfant entêté,
mon langage est un adulte très civilisé...

Roland Barthes

# Posted on Friday, 01 February 2008 at 8:40 AM

Edited on Friday, 01 February 2008 at 12:53 PM

Spinoza

Personne, en effet, n'a jusqu'ici déterminé ce que peut le corps, c'est-à-dire que l'expérience n'a jusqu'ici enseigné à personne ce que, grâce aux seules lois de la Nature, − en tant qu'elle est uniquement considérée comme corporelle, − le corps peut ou ne peut pas faire, à moins d'être déterminé par l'esprit. Car personne jusqu'ici n'a connu la structure du corps assez exactement pour en expliquer toutes les fonctions, et je ne veux rien dire ici de ce que l'on observe chez les bêtes et qui dépasse de loin la sagacité humaine, ni des nombreux actes que les somnambules accomplissent durant le sommeil et qu'ils n'oseraient pas faire éveillés ; ce qui prouve assez que le corps, par les seules lois de sa nature, peut beaucoup de choses dont son esprit reste étonné. En outre, personne ne sait de quelle manière ou par quels moyens l'esprit met le corps en mouvement, ni combien de degrés de mouvement il peut lui imprimer, et avec quelle vitesse il peut le mouvoir. D'où suit que les hommes, quand ils disent que telle ou telle action du corps a son origine dans l'esprit qui a de l'empire sur le corps, ne savent ce qu'ils disent et ne font qu'avouer ainsi en termes spécieux qu'ils ignorent la vraie cause de cette action et ne s'en étonnent pas.
Mais, dira-t-on, que l'on sache ou non par quels moyens l'esprit meut le corps, on sait cependant par expérience que, si l'esprit humain n'était pas capable de penser, le corps serait inerte. On sait aussi par expérience qu'il dépend du seul pouvoir de l'esprit de parler comme de se taire, et beaucoup d'autres choses que l'on croit donc dépendre du décret de l'esprit. [...]
[...] Je demande si l'expérience ne nous enseigne pas également que, si à l'inverse le corps est inerte, l'esprit est en même temps incapable de penser. Car lorsque le corps est au repos pendant le sommeil, l'esprit est endormi en même temps que lui et n'a pas le pouvoir de penser de l'état de veille. Ensuite je crois que tous nous avons fait l'expérience que l'esprit n'est pas toujours également apte à penser au même objet, mais que plus le corps est apte à éveiller en lui l'image de tel ou tel objet, plus l'esprit est apte à considérer ces objets.[...]


SPINOZA
Ethique, Livre III.

# Posted on Friday, 01 February 2008 at 8:50 AM

Edited on Friday, 01 February 2008 at 12:53 PM

mains

mains

# Posted on Friday, 01 February 2008 at 8:55 AM

Les mains

Moi j'ai les mains sales.
Jusqu'aux coudes.
Je les ai plongées dans la merde et dans le sang.
Et puis après ?
Est-ce que tu t'imagines qu'on peut gouverner innocemment ?


Jean Paul SATRE

# Posted on Friday, 01 February 2008 at 9:03 AM

Le corps à la mode ou les images du corps dans la Psychanalise

"Alors que s'effondre l'idée d'une identité du sujet à portée universelle — nationale, politique, familiale ou autre —, nous cherchons désespérément un appui sur quelque chose qui nous appartienne en propre, sans aucune contestation possible. Or, le corps semble répondre à cette exigence contemporaine : habeas corpus. De croire que nous l'avons, nous en venons même à imaginer que nous le sommes : nous sommes cette image que nous renvoie le miroir, flatteuse ou désespérante, jamais indifférente. Nous sommes aussi ces images, pourtant opaques, de l'intérieur de notre corps, qui soutiennent le verdict des médecins et qui nous « disent » si nous allons vivre ou mourir. Ainsi nous identifions nous à diverses images de notre corps.
Or, la psychanalyse montre que cette évidence a un fondement clinique : le stade du miroir, inventé par Lacan en 1936. L'enfant encore titubant s'identifie en jubilant à l'image de maîtrise que lui renvoie le miroir et que sa mère — ou quelque autre adulte — reconnaît comme sa personne : « oui, c'est toi ». Mais, devant cette image, l'enfant se sent aussi en défaut parce qu'il ne coïncide pas avec ce qu'on attend de lui, avec les idéaux de ses parents ou de son milieu. D'où la recherche passionnée, sa vie durant, de tout ce qui pourrait « améliorer » cette image et la rendre désirable. Disant ce mot, nous sentons bien qu'un tel « mieux » ne saurait exister en-soi, qu'il est relatif à une société, à une époque, à des modes."


7e Colloque de l'A.l.e.p.h.

# Posted on Friday, 01 February 2008 at 9:13 AM

Edited on Saturday, 02 February 2008 at 5:13 AM